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10 Jan 2020

Une histoire en Brusseleir, une fois!

Note: cette petite histoire est un petit délire que j’ai eu il y a quelques temps car des camarades québecois et français se moquaient gentillement des accents belges. Alors, je leur ai répondu. Et en plus, je l’ai même mis en vidéo!

Aujourd’hui, je vais vous raconter une petite histoire. Pas n’importe laquelle, je vais juste vous raconter ma soirée d’hier. Mais pas n’importe comment. On va le faire…en Bruseleir, les copains ! Oui, c’est du Bruxellois. Ce que les copains français confondent avec du « belge » en général. Sinon, il y a aussi le Wallon, qu’on parle en Wallonie et le flamin qu’on parle en Flandres. J’ai d’ailleurs glissé un ou deux mots wallons dans mes babelages. Sauras-tu les retrouver ?

Vous êtes prêts ? Faites blinquer vos brols, prenez bien l’accent qui convient, parce que ça va swinger ! T’es geluche ? Alleï, c’est parti ! Et comme je suis un type sympa, vous pourrez même voir et entendre Greg raconter cette histoire! La transcription est bien sûr en-dessous!

Avec Marcel, pendant qu’on regardait les réclames, on s’est mis à crever d’fwin. On s’est dit qu’on allait bien smochterer une mitraillette poulycroc andalouse à la Friture Antoine. On a donc mis nos slashes et une fois rentré dans notre koech, on est parti volle-gas ! Mais la voiture devant nous n’a pas mis son clignoteur, et bardaf, c’est l’embardée ! Mais quelle klet ce peye !

La koech complètement kapot, on s’est mis à marcher, la frite n’attendait pas. Bien sûr, on se tape une belle drache alors on se réfugie vite fait dans une aubette. Là, il y avait un beau snotneus qui se retirait une grosse snotebelle en stoemelings.

« Amaï, beek, c’est dégueulasse, babelais-je »

Enfin, arrivé place Jourdan, nous sommes tombés de notre sus. La friture avait disparu ! On a donc décidé d’aller sketter des pils et des mazouts dans un stameneï. Un vrai guet à pintes !

Le sol du caberdouche pleke comme je ne sais quoi. Ça stink grave, il fait doef, et des peyes sont en train de se puuteler le tich et les ballekes et reluquent les mijoles des fiekes. De vrais zinnekes, je vous dis !

Je tombe direct sur un gros stoeffer qui me propose un concours d’affonds. J’afonne comme un beau diable. Le dikkenek en face, après s’être blafté dessus, se met à wageler. Quel sukkeleir ! Bien sûr, le peïe complètement zat se vautre sur un sacré kastar et l’ambiance se met à chauffer. Mais quels zots ceux-là !

« arrête de faire ton Jan ! Ne me cherche pas des miche-maches », dit celui qui s’est pris le kluutzak dans les pattes. Et lui clache sa flotsjebier dans la tiesse.

Le peïe se prend une belle toefeling, et faut dire qu’il était bien arrangé ! D’ailleurs, les flics ont dû intervenir pour les splitser !

Bon, je vais arrêter de faire mon fafoule et de zwanzer des carabistouilles. Ben oui, je ne suis pas un ziever ! Mais verdomme, quelle soirée, quand-même, j’en suis resté paf !

Petite dédicace à Eurydictine pour son premier glossaire dans son journal et Embellalily, avec sa méthode pour écouter les films qui m’ont donné l’idée d’écrire ces carabistouilles. Et si vous n’avez rien compris, c’est pas grave, voici un petit dictionnaire, une fois!

Image d’illustration de Sam Greenhalgh sous licence CC BY

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28 Dec 2019

Les cinq titres de 2019

Finntroll (folk-metal, Finlande).\r\rFestival Octopode 2019, 24 août 2019. \r\rPhoto: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Salut à toi, jeune, moins jeune, etc!

2019 se termine. Je dois dire que je ne suis pas mécontent que cette année soit finie. Même si on ne fait changer que de chiffre, cela reste une sorte de symbole, comme si une renaissance nous est accordée pour accomplir de nouveaux objectifs, challenges, projets, appelle cela comme tu veux. Ce sera certainement mon dernier billet de l’année. Et donc pour clôturer 2019, on le fera en musique.

Je vais te partager ici les cinq morceaux que j’ai écouté le plus cette année. Il y a du vieux comme du neuf. Mais durant ces derniers mois, la musique m’a beaucoup aidé. Attention, cependant, ce ne sont pas des morceaux spécialement joyeux, mais la note finale te laissera apercevoir, j’espère, une petite pointe d’espoir.

Hating, KoRn.

Lors des ces mois d’errements, je me suis rendu compte qu’un des problèmes majeurs qui me rongeait était ma relation conflictuelle avec mon père depuis ma plus tendre enfance ainsi que, plus tard, sa famille. Ce morceau représente bien les sentiments que j’éprouvais, de mes doutes de continuer à écrire surtout quand on te descend dans le dos…

The Reincarnation of Benjamin Breeg, Iron Maiden.

Qui est donc cet homme ? Il y a des tas de rumeurs à son sujet, sur le net, sur le personnage de cette chanson. Cependant, cet homme semble souffrir d’un perpétuel enfer, et demande de l’aide, qu’il veuille rejoindre les étoiles, aller vers un monde meilleur (même s’il y a un aspect très chrétien dans le morceau, cela n’en reste pas, selon mon interprétation perso, le message principal. Dès que mon anxiété est revenue me ronger, cette chanson est passée presque tous les jours.

That’s my Jam, Skindred.

Alors, là, je dirai que c’est plutôt ma découverte de l’année. Je ne connaissais pas du tout ce groupe avant de les voir en avant-première de Disturbed. J’ai tout de suite adoré le style musical de ces sacrés lurons et l’ambiance que le chanteur met en concert m’a tout simplement bluffé. Et depuis, pour me donner la pêche le matin, un petit coup de that’s my jam avant de rentrer au boulot. Prends le temps de regarder le clip, il est assez amusant.

Only When I sleep, unplugged, The Corrs.

Encore un vieux morceau, me diras-tu. Je ne m’étendrais pas dessus, là, c’est le jardin secret du Greg.

A reason to fight, Disturbed

Bien sûr, on garde le meilleur pour la fin. Et ici, je vais te parler du moment qui m’a le plus ému cette année. Ma compagne m’avait offert des tickets pour aller voir Disturbed, l’un de mes groupes préférés, que je n’avais encore jamais vu. Ils faisaient la tournée pour leur nouvel opus, que j’avais à peine pris le temps d’écouter, à force de passer en boucle « Benjamin Breeg ». En plein concert, la salle tombe dans le noir absolu, et l’écran géant se met à afficher un message en français :

Notre monde est en proie à une épidémie
Par une maladie sans pitié
Les démons connus sous le nom de dépendance et de dépression sont bien réels
Et ils ont revendiqué beaucoup trop de ceux que nous aimons, bien plus tôt qu’ils auraient dû nous quitter
Ceux qui sont toujours avec nous mènent une bataille qu’ils mènent au quotidien pour garder ces démons à distance
A nous de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls
Qu’ils n’ont pas à avoir honte
Que nous comprenons et que nous nous battrons avec eux et pour eux

Ensuite s’affiche les numéros des services de prévention suicide et d’infordrogues luxembourgeois (le concert était sur place). David se met à parler, à expliquer qu’il en a assez de voir ces amis partir trop tôt tant ces démons sont omniprésents dans notre société. Et il demande à l’assemblée que chaque personne souffrant d’une de ces afflictions ou connaissant des personnes dans le même cas de figure de lever la main. Presque toute la salle a montré sa petite mimine. Ce fut la première fois que j’ai pleuré à un concert. Et puis est venue la chanson qui accompagne le discours.


Je viens de te mettre la version originale en premier, celle sans fioriture. Mais j’aimerais que tu regardes la version live où tu pourras t’imaginer ce que j’ai vécu en concert. Disturbed a lancé avec cette vidéo une campagne « You are not alone » aux alentours du show. Je t’invite à aller jeter un coup d’œil, et de faire comme moi sur la majorité de tes réseaux sociaux : changer ta photo de profil en y ajoutant le « you are not alone ».  (site: http://youarenotalone.disturbed1.com/ )

(et alors indice, de cette chanson découle mon premier tatouage (eh non, toujours pas de photo!!!)

Sur ce, parce que ce sont les fêtes, qu’on ne va pas rester sur une note trop triste, je vais te mettre ci-dessous une dernière petite chanson. Un chant de Noël, un vrai, comme on en fait plus pardi! Je te souhaite une bonne année et te dis à l’année prochaine!

Image de Stéphane Gallay sous licence CC BY
Les musiques sont la propriété de leurs auteurs respectifs.

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24 Dec 2019

L’aube d’un monde meilleur en bêta publique!

Chris est en apparence un homme comme les autres. Cependant, il dispose d’une capacité exceptionnelle: celle de lire et modifier les pensées de son entourage. Il utilise son don pour tenter de rendre le monde meilleur en éliminant toutes les mauvaises pensées qu’il rencontre autour de lui. Un beau jour, il décide de s’attaquer à Frédéric Lammour, prédicateur haineux qui occupe énormément de place dans les médias. Mais tout ne se passe pas comme prévu…

L’aube d’un monde meilleur est une histoire mêlant bons sentiments, paranoïa, un peu de culture geek et une dose de conspirationnisme aigu. L’histoire a gagné, lors de sa première publication sur Wattpad, le prix « Maître conteur » lors des Wattys 2017, le concours officiel lancé par la plateforme et a déjà conquis plusieurs centaines de lecteurs. Certains d’entre vous la connaissent déjà, sous le nom du « Projet Inception » dont j’avais commencé la publication sur ce blogo-site.

Après de longues et intenses réflexions (qui n’étaient pas si longues que ça en fait), j’ai décidé de vous l’offrir en avant-première, pour Noël. La voici donc en version « bêta », la dernière version avant sa publication finale, pour les fêtes de Noël. Avertissement d’usage donc: il se peut qu’il y ait encore des fautes grosses comme des maisons, des incohérences subtiles ou totalement flagrantes et quelques problèmes de concordance de temps.

Vous pouvez télécharger l’histoire directement sur cette page, ou en faisant un don libre sur utip.

Pourquoi cette deuxième manière? Simplement parce que les dons récoltés serviront à vous offrir un ouvrage final de qualité. Et toute personne qui m’aura aidé via ce biais recevra l’ebook final dédicacé avec des anecdotes inédites en fin de chaque chapitre!

Pour avoir accès à l’histoire, cliquez sur le bouton ci-dessous pour la version de votre choix (le bouton utip vous propose un package ZIP comprenant la version epub, mobi et PDF). Vous disposez également du lien pour lire le récit sur Wattpad et Atramenta.

UTIP EPUB Kindle PDF Wattpad Atramenta

Je tiens spécialement à remercier deux personnes pour cette histoire: La première, n’est autre que Pouhiou. Simplement parce que c’est en lisant son cycle des noénautes, que j’ai eu l’idée de cette histoire. Je tiens aussi à remercier Lionel Dricot, aka Ploum qui a accepté de jouer le rôle de Chris dans de faux tweets lorsque j’ai enrichi l’histoire sur Wattpad. Merci à vous deux.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture. J’espère qu’elle vous plaira. Si vous rencontrez un bug, une incohérence ou toute autre chose qui vous vient à l’esprit, n’hésitez pas à me faire parvenir vos remarques!

Je vous souhaite d’agréables fêtes de fin d’années!

L’image de couverture est l’oeuvre de See-ming Lee sous licence CC BY-NC

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21 Dec 2019

Régime express à la sauce Greg!

Bien le bonjour ou le bonsoir mes chers lecteurs !

Les fêtes  de Noël approchant, je vois déjà certains d’entre vous paniquer à l’idée de poser le pieds sur votre balance et de voir cette petite aiguille bouger un plus vers la droite que d’habitude. Je connais cette angoisse qui vous taraude, de voir cette petite brioche à la hauteur de votre ventre  prendre forme Donc, dans mon infinie bonté (ou peut-être dans une forme certaine de sadisme, vous l’aurez compris, aujourd’hui nous allons parler… Régime ! Mais pas n’importe lequel. Je ne vais pas vous vendre de pilule miracles, mais simplement donner ma méthode miracle, qui marche à tous les coups !

Alors, n’en déplaise à nos chères papilles gustative, il n’est nul question de faire un régime à base de chocolat (parce qu’après, faut bien l’avouer, l’état de nos dents laisse à désirer et j’ai plutôt tendance à fuir le dentiste comme la peste). Je peux de toute façon confirmer, recevant beaucoup de ces divins délices de la part de mes clients, que la méthode « chocolat » a plutôt tendance à produire l’effet inverse que celui escompté. Cependant, je vais bel et bien vous parler d’un régime express, absolument pas contraignant (enfin, si, un peu, parce que vous ne bougerez pas beaucoup). Mais, en tout cas, perte de kilos garantie en claquant des doigts! Vous avez vu, n’est-ce pas, que sous mes airs sadiques, Le Grand Seigneur Greg, bon prince, pense à vous et votre santé !

Je tiens cependant à vous avertir quelque peu. La méthode qui va suivre risque d’effarer, choquer ou effrayer nos amis les vegans, les fins gourmets, les as de la fourchette et nos amis de la fraîcheur.

Phase I : la préparation

Avant de se lancer dans ce régime express à la sauce Greg, il vous faudra vous préparer quelque peu. Oui, il vous faudra être observateur et faire des choix. Être patient, discret, pour bien repérer sa proie, pour mieux fondre dessus. Ok, je vous ai perdu. Bon, comme vous n’avez pas l’air d’être très fute-fute, je vais traduire pour vous.

Repérez un snack, pas trop loin de chez vous. Éliminez déjà toutes les friteries bon chic, bon genre, où Monsieur Propre a tendance à passer la serpillière plus vite que son ombre. Non, choisissez un grec, ou un turc, pas très propre. Si d’ailleurs vous remarquez qu’entre deux clients, il sort pour trifouiller le moteur de sa vieille guimbarde (et qu’il ne se lave pas les mains entre les deux, cela va de soi), n’allez pas plus loin vous avez trouvé. Repérez bien aussi qu’il ne change pas régulièrement l’huile de friture. C’est très très important. Du genre qu’il la change juste avant d’ouvrir son bouge et qu’il n’y touche plus de la journée. Essayez de regarder aussi la consommation de sauce des clients, principalement sur les tords-boyaux et crache feu (traduction, encore : la sauce ultra piquante). Si la sauce est peu consommée par les clients, il se peut qu’elle traîne là pendant des mois, dépassant de ce fait sa date limite de consommation. Une fois que votre cible rencontre tous les critères requis, passez à la phase suivante.

Phase II Ingurgitation et élimination

Maintenant, il est temps de passer à l’action. Pointez-vous une fois que le rush du soir est passé, que l’huile de notre charmant bonhomme aux mains pleines de cambouis, aie bien macéré dans les frites et autres fausses viandes industrielles bien grasses. Repérez la viande qui vous semble la moins fraîche et commandez un dürüm (ou kebab ou mitraillette selon votre région) avec elle. Le tout accompagné de la sauce tord-boyaux/crache feu et d’une bonne dose de frites.

Ne mangez pas sur place. Rentrez chez vous déguster ce met hautement calorique. Et savourez-le. Imprégnez-vous de chaque bouchée, retenez bien le mélange des saveurs qui émoustillent votre palais. Profitez bien du plat. Vous en aurez bien besoin.

J’ai oublié cependant une petite chose : avant de vous lancer dans l’opération, prévoyez une chambre à part pour la personne qui partage votre couche (en fait non, autant lui partager votre si belle expérience, elle n’en vous sera que plus que reconnaissante).

Vous n’avez plus qu’à attendre. Il ne vous faudra pas des heures pour que vous commenciez à ressentir les effets de ce régime express. Dès que vous serez couché, votre corps va commencer à propulser du méthane à tout-va. Pas de panique, c’est normal. Votre corps travaille et commence à éliminer les toxines. Cependant, prévoyez un masque à gaz (vous comprenez pourquoi je vous avais dit d’éloigner votre comparse?). Ensuite, vous commencerez à ressentir quelques petites crampes au niveau de l’estomac. Pas de panique, c’est toujours normal. L’effet secondaire, à ce stade, est que vous ne dormirez plus, ou d’un seul œil, et commencerez à envier votre partenaire qui a le nez bouché et dort d’un sommeil bien paisible.

Les choses sérieuses ne commenceront qu’au petit matin, lorsque votre réveil naturel se mettra en action (traduction pour ceux qui n’ont pas lu « une journée type d’un père au foyer » : votre charmant bambin qui court dans votre lit, éructe de sa plus belle voix « sauter sur papa » et se laisse tomber de tout son poids sur votre bidon). Il n’en faudra pas plus pour activer les mini-gnomes dans votre estomac. Ils se mettront d’abord à faire du marteau-piqueur sur les parois de votre magnifique brioche et alterneront avec des pogos endiablés du tonnerre de dieu.

Vous voilà fin prêt pour commencer la phase éliminatoire de la coupe mondiale de la graisse. Vous entamerez un sprint endiablé vers un récipient quelconque le plus proche. Vous commencerez par évacuer les restes de la sauce tord-boyaux/crache feu, brûlant tout votre œsophage au passage. Ce ne sera pas suffisant pour stopper la danse endiablée de votre estomac, qui désolé de vous l’apprendre, continuera pendant plusieurs jours. Cependant, prévoyez un bon paquet de BD ou d’autres lectures quelconques, car le reste de la journée se passera sur une petite cuvette pas spécialement très confortable (quoique, vu le temps que madame passe au cabinet le soir, je me demande si ce n’est pas moi qui ai un problème à cet endroit). Et pendant que vous savourerez les aventures de Boule et Bill ou les dernières frasques de Justin Biberon, vos intestins se feront une joie d’évacuer votre surplus sous forme d’un liquide semi-solide très nauséabond.

Vous souffrirez encore deux ou trois jours, vous coupant totalement l’appétit (vous comprenez pourquoi je vous demande de savourer le dernier plat du condamné maintenant). Une fois que les crampes se terminent, pesez-vous. Oui, je vois le sourire sur votre visage suite à la disparition de quelques kilos superflus. Bien sûr, répétez l’opération pour arriver à la masse désirée. Et une fois cette dernière atteinte, appelez les services sanitaires, qu’ils fassent fermer ce bouge.

Bon c’est vrai que l’opération n’est pas très agréable au moment même, mais le jeu en vaut la chandelle. L’avantage, avec cette évacuation express et votre estomac qui vous dit merde, plus besoin, mesdames de vous charcuter avec un bypass.

Moralité de l’histoire : pour perdre du poids, mangez des frites.

PS: je tiens à rappeler que j’aime écrire beaucoup de bêtises et que ce texte n’est bien évidemment pas à prendre au pied de la lettre.

Image de Robert Fischer sous licence CC BY-NC

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15 Dec 2019

Greg, le retour: une semaine plus tard

Salut à toi, le jeune, le plus ou moins jeune, le vieux et le plus ou moins vieux !

Allez , avoue que ces petites punchlines d’introduction t’avaient manqué ! Ne dis pas le contraire, je sais que c’est faux, et que d’ailleurs, moi aussi je suis dans un tel cas !

Il faut que je me réhabitue à écrire, quoi de mieux que  mon livre à Diatribes pour un tel exercice, n’est-ce pas ? Et puis, ça va être encore l’occasion de parler de ma semaine, qui n’a pas été de tout repos. Oui, un retour sur la toile, je dois bien avouer que je m’attendais à avoir peu de remarques ou de visibilité après tout ce temps où j’ai passé à faire le mort. Bref, le nombre de réactions un peu partout sur la toile, m’a fait chaud au cœur. Mais on en reparlera un peu plus bas.

Sortir de sa bulle, alors qu’internet est un élément anxiogène pour moi, n’a pas été sans mal. Depuis vendredi, ou j’ai annoncé mon retour et en rediscutant timidement sur les réseaux sociaux, mon anxiété a fait un bon en avant. De vendredi jusqu’à mercredi, ce n’est pas bien compliqué, je me suis remis à vomir le matin. C’est en train de se tasser maintenant, mais le début de semaine a été très difficile (surtout que côté professionnel aussi, je suis sorti de ma zone de confort en allant renforcer un autre équipe). Et je n’ai pas chômé non plus.

La remarque qu’ Alias m’a fait sur Utip m’a fait me rendre compte que j’avais bafoué un de mes principes : toujours bien étudier la question avant de se faire une opinion. J’ai donc été visité la plateforme et ce n’était pas le système que l’on m’avait décrit au début, à savoir que pour soutenir quelqu’un il suffisait de regarder des pubs. J’ai donc été « espionner » le compte d’Alias et cestdoncvrai pour voir comment ça marche, et il ne m’a pas fallu plus d’une heure pour l’adopter et le tester dans tous les sens. Tu peux donc dès à présent me soutenir sur cette plateforme, soit en regardant des pubs si tu as pas un copeck, ou faire des dons ou télécharger certaines de mes histoires à Prix Libre. Ne te tracasse pas, le billet qui décortique tout le système arrivera dans la semaine.

Cependant, je vais certainement te faire rire en te racontant l’anecdote suivante : pour recevoir des petits sousous dans ma popoche, je dois valider mon identité. J’envoie donc une copie de ma carte d’identité. Une première fois. Le lendemain, message de utip : votre identité est refusée. Bon ok, j’avais mis Greg au lieu de Grégory, je change donc mon prénom pour mettre ce mot à 3 syllabes. Je renvoie, la copie de ma carte : refusé à nouveau. Je ne comprends pas, je retourne la question dans tous les sens, et je me décide à contacter Alfred, le gars du support (oui oui, quand il y a un problème, il faut contacter Alfred. Je soupçonne les créateurs de cette plateforme d’aimer un certain richard qui aime se travestir en chauve-souris). La réponse d’Alfred fut la suivante :

« Le souci est simplement que vous avez inversé votre nom et votre prénom sur notre plateforme. Il vous suffit de les remettre chacun au bon endroit, et à faire un nouvel envoi, cela devrait fonctionner. »

Bref, le gars du support informatique, censé détecter ce genre de conneries, répète lui-même ce genre de bêtises ! Un peu honteux, je remercie Alfred et lui adresse mes excuses pour mon inattention. Comme quoi, ce sont les cordonniers qui sont toujours les plus mal chaussés !

Et sinon, que dire de plus ? Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pendant tout ce temps loin de mon pc ? IL faut savoir que lorsque le médecin m’a arrêté au janvier, m’approcher de mon ordinateur me mettait dans un état pas possible. J’ai d’ailleurs dû, pour me réhabituer à approcher un écran, reprendre une vieille habitude : les mmorpgs. Et avant cela, mon portefeuille a été délesté de plusieurs centaines d’euros pour que je passe mes nerfs sur des figurines japonaises, pas spécialement faciles à monter. Mais le résultat est plutôt joli aussi.

Oui, je suis toujours un grand gamin, et Seiya reste un de mes modèles


Oui, je suis toujours un grand gamin, et Seiya reste un de mes modèles, ce héros de mon enfance qui se relève toujours, quoiqu’il arrive. J’assume parfaitement, je le clame haut et fort, le petit greg enfant profite du vieux pour être satisfait ! (et la photo ne les montre pas tous, j’en ai encore bien plus!) Je crois que tu peux voir des photos plus récentes sur instagram.

J’ai commencé un autre sorte de thérapie. Quand j’étais ado, tu l’as peut-être lu, je me suis pas mal mutilé le corps. J’ai recommencé. Alors, avant de me hurler dessus, lis la suite. Depuis ado, je voulais des tatouages. Et j’ai franchi le pas. Je me suis fait deux tatouages sur les bras, venant du groupe Disturbed (le pourquoi de ce choix, ce sera pour un autre billet !, qui viendra sous peu, où je parlerai des morceaux qui m’ont profondément marqué cette année). Oui, j’ai déjà plusieurs idées de billets sur le feu ! Mais d’abord, va falloir que je retravaille encore un peu mon site pour l’adapter à utip, créer mon billet sur le blog sur le décorticage chirurgical de cette plateforme… J’ai de quoi m’occuper ces prochaines soirées !

Et petite anecdote, mon tatoueur est devenu un pote. On a déjà en projet le suivant, et j’ai passé mon après-midi hier à bidouiller son pc qui a décidé de participer à la compétition de l’ordinateur le plus lent. Et puis, c’est un bon anar comme moi, on aime la même musique, et son franc-parler est juste terrible. Il m’a d’ailleurs fait quelque éloges que voici :

Et en retour, il m'a apporté lui aussi son bouquin, que j'ai lu en deux temps trois mouvements, tant la lecture est agréable


Et en retour, il m’a apporté lui aussi son bouquin, que j’ai lu en deux temps trois mouvements, tant la lecture est agréable. Si le monde du tatouage t’intéresse, je t’invite à essayer de trouver une des rares copies qui existent encore « Mémoires d’un tatoueur, Jean-Michel Snoeck. Ha tu pensais que j’allais montrer mes tatouages? Eh bien si tu es sage, je les montrerai un jour. (Ou si tu te débrouilles sur le net, je crois que tu peux les voir sans trop de soucis).

Et sinon, je voulais aussi dire un grand merci à Axelanderya qui a annoncé en grande pompe mon retour sur son blog ! Alors, tu vas me dire qu’avec tous ces petits mots et attention, je dois avoir les chevilles ou le cou qui enfle selon ta région, j’assume. De temps en temps, un petit boost à l’ego ça ne fait pas trop de mal.

Allez, je vais continuer à préparer mes prochaines bafouilles et je te dis à très bientôt !


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06 Dec 2019

Je suis de retour…

Salut toi, tu vas bien ? Tu croyais t’être débarrassé de moi ? Eh bien non ! C’est vrai, cela fait des plombes ! Mon dernier billet, qui n’était autre que l’interview de Pouhiou, date de juillet 2017. Oui, il s’en est passé du temps. Et je suis de retour, mais point pour vous jouer de mauvais tours (pour paraphraser les méchants d’un jeu célèbre qui consiste à attraper des tas de pixels sur un écran).

Déjà, ne te formalise pas du ton que j’emploie. J’ai préféré m’adresser à toi, directement, cher lecteur, plutôt que d’utiliser ce vouvoiement formel que nous employons à longueur de journée. Et puis, ce billet sera un peu plus intime, je vais un peu t’expliquer mon absence, donc je trouve que te parler en direct, sans chichi, est le moyen qui convient le mieux.

Ne t’inquiètes pas trop, je vais pas trop rentrer dans le 3615 ma vie. Mais certains points doivent être dits selon moi. Ce que je vais te raconter fait aussi partie de mon parcours d’auteur, même si des tas d’autres éléments extérieurs se sont rajoutés au fur et à mesure au cours de mes mésaventures.

Fin 2015, quelques mois après la sortie de mon dernier livre, J’ai pris des tas de petites blessures. Je ne te raconte pas le nombre de messages m’invitant à parler de mon parcours d’auteur dans des ateliers, des propositions d’interviews, des invitations à des salons,… qui m’avaient ultra emballé, mais qui au final, n’ont jamais eu de suite. Et bien que des je recevais pléthore de messages de soutien, de remerciements pour cet ouvrage, je me sentais bien seul. Être écrivain est un boulot solitaire à la base. Mais quand tu te lances seul, en autoédition (ça veut dire pas comité de lectures, de relecteurs avisés, d’aide pour tout et n’importe quoi), les messages ne suffisent pas. Je n’ai eu que le soutien inconditionnel de ma petite maman et de mon ami Yves, qui corrige la majorité des mes écrits. Pour le reste, la famille, les amis plus ou moins proches, rien, si ce n’est des coups dans le dos, me traitant de rêveur, de père indigne… (je te laisse imaginer la suite, c’est pas triste). J’avais beau me dire que j’avais eu raison de publier mon histoire avec les messages reçus, je ne me l’avouais pas, et même si je n’en veux toujours à personne, j’étais fortement blessé.

Le temps a quelque peu passé, les blessures continuant à faire leur effet, résultant en une perte de motivation de plus en plus conséquente. Cela fait deux ans maintenant qu’un manuscrit fini prend la poussière et attend sa dernière relecture. Et même si je finalise l’ouvrage, je ne suis pas encore sûr de le publier en papier, tant cela peut me prendre de l’énergie. Les sous ne rentrant pas avec mon activité, pour soulager ma compagne qui avait toutes les charges du couple sur les épaules,j’ai repris un boulot en 2017. Encore moins de temps à consacrer à l’écriture. C’est en prenant ce travail que j’ai complètement stoppé d’écrire, mettant juste les épisodes de « l’aube d’un monde meilleur  » sur Wattpad.

Internet est devenu un élément anxiogène durant cette période. Déjà, le quizz à deux balles entre deux articles putaclics (d’ailleurs, coucou Sudpresse), et tous ces messages alarmistes me donnaient la nausée. J’ai commencé à avoir peur du bouton de notifications sur les réseaux sociaux, de voir aussi nombre de messages « à quand la suite pour l’histoire un tel ? », me promener sur le net était devenu un calvaire.

Et j’ai accumulé, encore et encore. En octobre 2018, mon anxiété est devenue constante, je me remettais à vomir tous les matins en me levant. Et malgré les avertissements de mon corps, qui m’indiquaient qu’il fallait que je fasse une pause, j’ai continué à tirer la corde, jusqu’à ce qu’elle craque en janvier de cette année.

Si tu as lu « Salut, moi c’est Greg », tu peux t’imaginer que ce fut extrêmement dur pour moi. M’arrêter totalement, devoir reprendre des médicaments, je l’ai vécu comme une défaite. Mais j’ai cependant beaucoup de chances, mon vécu m’a permis de mieux appréhender le schmilblick,  et je suis très bien suivi.

J’ai découvert des tas de choses sur moi-même ces derniers mois, des événements qui étaient anodins pour moi se sont révélés en fait des éléments qui m’ont conduit dans cet état. Et j’ai commencé à remuer un peu toute cette mélasse bien dissimulée au fond de moi. Je recommençais à remonter la pente. Mais toujours pas moyen d’écrire la moindre ligne, malgré que ça me démangeait. Finalement, il y a quelques semaines, j’ai demandé de l’aide à une association qui promeut la culture libre, me disant que je pourrais être entouré, d’avoir peut-être les coups de pied au cul nécessaire. Mais cette association, qui a peu de moyens et d’effectifs a dû décliné ma requête. J’étais je dois dire assommé lorsque j’ai lu ce mail de refus. La dernière goutte d’envie de continuer mes projets d’écriture était partie.

Jusque vendredi dernier.Lors d’une discussion en soirée avec ma chère et tendre, j’ai entendu les mots que je désirais tant entendre de sa si douce voix : « j’ai envie de te voir réussir ». Il ne m’en a fallu pas plus. Samedi, je mettais mon site en mode maintenance et me suis mis à faire du nettoyage (d’ailleurs, j’espère que tu apprécies le redesign du site, je me suis assez bien amusé en le refaisant). Et je vous écris cette petite bafouille pour vous annoncer que oui, je suis de retour.

Je ne sais pas encore comment va se passer la suite. Étant encore assez faible, avec beaucoup de choses à reconstruire et ayant des nuits difficiles, je posterai à mon aise, en prenant mon temps. Mon contrat avec Atramenta s’arrête en septembre pour Salut, moi c’est Greg, j’ai envie d’y apporter des retouches, mais publier du papier, tout seul, me semble encore difficile. Je ne sais donc pas comment se passera la suite pour cet ouvrage. J’aimerais tant finaliser l’aube d’un monde meilleur aussi, que j’aimerais bien tenir entre mes mains, mais la raison du dessus…

Tu verras qu’il y a quelques changements sur le site. Déjà, j’ai retiré la majeure partie des outils de micro donations, pour ne me consacrer qu’à Liberapay et des dons Paypal. Déjà, je n’ai plus assez de temps pour tout gérer, certains systèmes se sont cassés la gueule selon moi, et je ne te ferai pas subir l’infamie de subir quelques pubs avec µtip. Ma communication sera plus lente sur les réseaux sociaux, également. Je serai cependant plus facilement joignable sur Mastodon, et dans quelques temps Wattpad.

En tout cas, j’ai des tas de diatribes à déblatérer. Ma colère ne s’est pas calmée envers ce monde déshumanisé. J’ai pas mal de choses à dire sur le sujet. Et j’ai trop envie de reprendre l’écriture d’une histoire qui traine sur Wattpad depuis des lustres. Donc, ce sera peut-être lent, mais ma tête fourmille d’idées, comme toujours, donc il y a de quoi pas mal bosser.

Bref, je suis heureux d’avoir pu t’écrire ces lignes. Heureux de te retrouver. Et j’espère que je pourrais te partager encore moult diatribes et histoires très rapidement.

A très bientôt.


Je voudrai terminer ce billet en le dédicaçant à Cédric Génin et Nicolas Samain. Merci pour votre précieux soutien, qui m’est d’une très grande aide. Sans vous, je ne pense pas que je serai en train d’écrire ces lignes mais encore en train de ruminer sur mon triste sort. Merci à vous deux.

Photo by CreditScoreGeek sous licence CC BY-SA

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10 Jul 2017

Rencontre avec un auteur libre: Pouhiou

Aujourd’hui, je vous présente un auteur très important pour moi. Il m’a inspiré beaucoup dans ma démarche d’écriture, dans le choix de donner mes œuvres, via le domaine public. Il a également écrit la préface de mon dernier livre, « salut, moi c’est Greg ». Une belle personne, comme on en voit peu. Aujourd’hui, je vous présente mon copain Pouhiou.

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Salut, je suis Pouhiou, toulousaing de 35 ans passionné par les gens, le tricot, les mots, et plus généralement tout ce qui me titille le cervelet (oui : c’est sale \o/ !).

Je suis aussi un internaute ébaubi de voir que nous avons construit un (non-)lieu où les collaborations, les créations et les libertés nous font avancer à grands pas (et faire de grands pas de côté, mais je m’égare). Du coup, je suis très vite tombé dans la marmite de potion magique de Framasoft, qui m’emploie actuellement comme chargé de communication.

Maintenant que nous te connaissons un peu mieux, pourrais-tu présenter tes écrits ?

Oui, mais c’est protéïforme.
J’ai commencé par des nouvelles que personne n’a lues (pas même ma môman), des chansons, un scénar de court métrage qui n’a jamais été tourné (mais il le vit bien) : bref, comme tout le monde, j’ai fait mes armes.

Ce n’est que lorsque j’étais comédien que j’ai commencé à écrire des pièces de théâtre : personne ne m’offrait le beau rôle dont je rêvais, alors je me suis dis que j’allais me le construire. J’ai donc écrit Tocante (une comédie sur le deuil, la mort, le suicide), et AndroGame (un duo où un homme qui ne veut plus de sa bite l’échange avec un ang qui aimerait bien savoir ce que cela fait. Oui.)

Puis l’envie d’écrire a pris le dessus sur l’envie de scène, j’ai donc commencé à écrire un roman-feuilleton bloguesque, une histoire de télépathes, les Noénautes, qui vivraient parmi nous et tentent de déjouer un complot… Il y a trois tomes de cette série (#Smartarded, #MonOrchide, #Apolog) qui devrait en comporter huit mais…

… mais depuis plus d’un an je suis en jachère (après une période « YouTube » qui m’a physiquement et moralement essoré ^^). J’ai bien un roman pornographique (avec un Incube et un Furby), un truc hyper expérimental (entre le théâtre quantique et le roman parlé), ainsi que des idées pour le 4e tome des NoéNautes, mais je suis dans une de ces périodes où j’ingère des tonnes d’œuvres, d’idées, etc. et où rien ne sort… c’est assez reposant, je dois dire !

Quel est ton genre d’écriture de prédilection ?

Euh… l’humour ?

Techniquement, mes pièces de théâtre sont des suspenses comiques, mes romans de l’Urban Fantasy, mais j’ignore si j’ai un genre qui prévaut…

Ce qui m’intéresse, surtout, c’est d’entrer en connexion avec l’audience de ce que je fais. Pour cela, j’utilise beaucoup l’humour ainsi qu’une certaine recherche dans la forme, toujours liée au fond. Ainsi, j’ai adoré écrire mes romans à la 2nde personne, en tutoyant le lectorat et en lui donnant un rôle important dans la narration même.

En général, on me dit que mes écrits perturbent, parce que c’est pas « écrit comme d’habitude »… du coup, soit on laisse vite tomber, soit on se laisse (sur-)prendre.

Pourquoi as-tu choisi une alternative au droit d’auteurs classique et quelle licence utilises-tu ?

J’utilise la CC-0, afin d’élever mes œuvres dans le domaine public (vivant, du coup, vu que je suis pas mort depuis plus de 70 ans, d’après mon médecin).

En vrai, ce sont mes écrits qui m’ont imposé cela. C’est eux qui ont choisi. J’avais beaucoup de problèmes avec le concept de droits d’auteur, de « propriété » intellectuelle, ce genre de choses. En écrivant et publiant un roman comme un blog, tous les jours pendant 4 mois pour #Smartarded, je me suis rendu compte que plus je mettrais de barrières entre le lectorat et moi, plus je dévoyais ce qui s’écrivait car, dans son essence même, c’est fluide, sans barrière.

C’est un peu plus tard que je me suis rendu compte que ces droits d’auteur, ces protections (protections contre le lecteur et bénéficiant à l’industrie du livre), sont principalement l’expression de mes peurs. Je les mets et j’y tiens parce que j’ai peur : peur d’être un tel génie que tout le monde va vouloir me dévaliser, peur d’être un gros naze qui n’a aucune valeur donc il faut que je m’en colle une artificiellement (alors que toute personne qui écrit sait bien qu’on fait très rarement ça pour de l’argent…).

C’est bien gentil ces peurs mais ça ne parle que d’une chose : moi, moi, moimoimoi. Ça ne tient pas en compte la personne la plus importante : celle qui va passer 200-300 pages de sa vie à lire ce que je voulais lui partager. Alors, je me suis détendu du droit d’auteur : ça fait un bien fou !

Où peut-on trouver tes histoires hors Wattpad/Scribay ?

Principalement sur mon site (que je ne tiens plus à jour : je suis en jachère!) sur http://pouhiou.com , et mes romans sont aussi sur le site de mon éditeur https://framabook.org

Donnes-tu l’opportunité à tes lecteurs de te soutenir (financièrement ou autre) ? Si oui, quels systèmes utilises-tu ?

Plus trop maintenant, vu que je ne produis rien en ce moment. J’ai longtemps été adepte de « donner la liberté de payer », de soutenir financièrement, comme le dit Ploum. Du coup j’ai eu plein de boutons sur ma page don : paypal, carrot, flattr, ceci, cela. J’ai aussi fait plusieurs crowdfunding, car ils sont pour moi le moyen de proposer une expérience sociale autre, un lien particulier avec le public (demander aux gens d’acheter mon 2e roman en circuit court pour financer la distribution gratuite d’exemplaires du 1er, c’était juste génial !)

Lorsque j’ai fait ma chaîne YouTube, je me suis refusé à faire un Tipeee, je sais pas pourquoi mais cet aspect « publish or perish » et ce marketing du don m’angoissent.

Aujourd’hui, je crois que je favoriserais des solutions éthiques pour le don : Liberapay et les dons en G1, la monnaie du réseau Duniter… En même temps c’est facile à dire pour moi : même si j’ai survécu (à coups de jobs sous payés, de chômage et de temps partiels), j’ai toujours préféré ne pas dépendre de mes créations pour subsister. Et là, j’ai la chance d’être bien rémunéré par un employeur qui reconnaît et apprécie mon travail : du coup, maintenant, j’estime que c’est plutôt à mon tour de donner !

Hormis l’écriture de fictions, crées-tu d’autres œuvres artistiques sous licence libre ? (vidéo, jeu de rôles, peinture, dessin, etc.)

J’ai produit, écrit et joué mes pièces de théâtre, ainsi que les vidéos de ma chaîne YouTube (réalisées par Dany Caligula pour la saison 1, et Marlène Tajan pour la saison 2).

Sinon, en ce moment, je fais tellement de petites peluches et serre-tête en crochet que j’ai une boutique Etsy (PouhiouDoudou). J’adore les arts de la laine, j’y vois beaucoup de correspondances avec l’écriture. D’ailleurs, je me considère comme un tricoteur de mots.

Quels sont tes auteurs préférés, qui t’inspirent ?

Terry Pratchett, qui a décidé de rendre le monde plus intelligent par l’humour et le plaisir. Chuck Palanhiuck, qui va chercher dans les tréfonds de l’humain pour chacun de ses romans. Rostand et Prévert, qui ont bercé mon enfance (oui, je les ai lus tout pitiot!). Je te sors que mes grands classiques à moi, parce qu’il y en a des tonnes, en fait. Mais, fondamentalement, j’ai beaucoup lu, de tout, et beaucoup d’écrits peuvent me toucher ;).

Que conseillerais-tu à un jeune auteur qui hésite à déposer ses histoires sous licence libre ?

Je vais te surprendre : de ne pas le faire si il/elle ne se le sent pas ! C’est con, mais c’est une démarche pas anodine de confier ses œuvres au public, d’ouvrir un contrat explicitant « voici tes libertés avec cette œuvre, et voici ce que j’attends de toi en retour ».

Cela signifie aussi bien une grande confiance en l’autre (et donc en soi), ainsi qu’une indépendance importante : tu prends en main tes écrits, tu t’apprêtes à gérer tes droits, à ne pas les vendre à l’industrie culturelle qui va t’échanger tes libertés et celle de ton lectorat par du confort (et le confort, c’est confortable).

Si, par contre, l’idée te titille : prends simplement le temps de te renseigner ! Viens voir les autres auteurices qui libèrent leurs œuvres, parle, échange : tu sentiras bien vite si c’est une démarche qui te convient ou pas.

Voudrais-tu rajouter quelque chose, concernant ton art, ta vision de la culture, qui n’a pas été traité dans les questions précédentes ? (Tribune libre)

On pense souvent à soi quand on écrit quelque chose, c’est un acte tellement intime ! Néanmoins, je crois qu’on peut aussi, ensuite, penser à toutes les personnes qui nous ont inspiré, abreuvé de mots, d’idées et de joies. Sans ces personnes, nos écrits ne seraient pas les mêmes, car nous avons fait nôtre leurs mots.

Du coup, il ne faut pas oublier le plus grand risque qui guette toute personne qui écrit : celui d’être lu·e ! Un jour (peut-être même est-il déjà arrivé), vos écrits aussi inspireront de nouveaux créateurs, de nouvelles créatrices.

Perso, je crois que je n’apporte qu’une petite pierre à ce beau chemin foutraque et labyrinthique qu’on appelle notre culture. Alors, si je peux tout faire pour que mon caillou t’aide à avancer et poser le tien : parfait ! J’ai pas oublié les pavés des autres ni combien ils m’ont élevé.

Vous pouvez retrouver Pouhiou sur :

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22 Jun 2017

Rencontre avec un auteur libre: Gee

Après un bon bout de temps, voici de nouveau une petite interview d’un auteur libre! Et non des moindres! Il s’agit en effet de Gee, fraîchement arrivé sur Wattpad sous le pseudo ptilouk

Il est plus connu pour ses bandes-dessinées, mais il écrit en plus de très belles nouvelles! Gee est d’ailleurs le dessinateur qui a permis la création des couvertures de deux mes ouvrages: « Le guide de survie pour les vieux » et « le rantbook d’un vieux crouton ». Allez, j’arrête de blablater, place aux réponses de Gee, qui nous offre un point de vue très intéressant sur la culture et que je partage à bien des niveaux!

* Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Alors, je vais te copier ce qui est écrit au dos de mes derniers bouquins :

« Gee est docteur en informatique (généraliste conventionné secteur 42), mais en dehors des heures de consultation, il est aussi auteur dessinateur de bandes dessinées. Il publie de nombreux « gribouillages » en ligne, parce que quitte à écrire des bêtises, autant qu’elles soient lues ! »

Donc voilà, ingénieur en informatique 35 heures par semaine, auteur/dessinateur de BD le reste du temps. L’écriture littéraire, c’est un truc qui m’a toujours attiré mais j’ai mis un moment à m’y mettre sérieusement. Là, j’suis lancé 🙂

* Maintenant que nous te connaissons un peu mieux, pourrais-tu présenter tes écrits ?

Comme en général, on parle surtout de mes BD, j’vais me concentrer sur les textes littéraires, tiens ! Pour l’instant j’ai publié 10 nouvelles en ligne, rassemblées dans un recueil auto-édité qui s’appelle « L’enfant sans bouche (et 9 autres nouvelles) ». Il n’y a pas de fil conducteur, ce sont principalement des nouvelles de science-fiction (parfois ça tire plutôt sur le fantastique ou l’heroic fantasy, mais c’est rare).

En général, j’ai un style plutôt classique, genre narrateur omniscient, troisième personne, passé simple. Faut dire que mes bouquins préférés, c’est toute l’Histoire du Futur d’Asimov (ça comprend les Robots et Fondation) ou encore Harry Potter (les bouquins qui m’ont accompagné pendant toute mon adolescence, j’ai l’impression d’avoir grandi en partie à Poudlard). Bref, en général j’ai une écriture assez simple et assez descriptive, sans être paresseuse pour autant (enfin j’espère). Ah oui, et j’ai le défaut de vouloir caser des épithètes partout, mais j’me soigne.

* Quel est ton genre d’écriture de prédilection ?

Plutôt de la SF, mais bon, je suis pas sectaire. Par exemple, je m’étais lancé le défi d’écrire une nouvelle d’heroic fantasy (« Le grimoire de l’éternité », l’une des 10 nouvelles citées au-dessus), et je me suis bien amusé. Écrire des trucs plus ou moins humoristiques, ça m’éclate assez aussi (je viens un peu de là, à la base, puisque mes BD sont plutôt à visée humoristique).

* Pourquoi as-tu choisi une alternative au droit d’auteurs classique et quelle licence utilises-tu ?

Par conviction, tout simplement. Le système du droit d’auteur classique ne marche pas : tu as moins de 10% des auteurs inscrits à l’AGESSA (la sécu des auteurs) en France qui touchent un SMIC ou plus avec leurs écrits. En gros, 90% qui n’en vivent pas (ou alors très mal). Et encore, si tu comptes ceux qui ne prennent pas la peine de s’inscrire à l’AGESSA, on doit plutôt être proche de 99%. Bref, le droit d’auteur fait vivre pas mal de monde dans la chaîne du livre, mais pas les auteurs. À côté de ça, tu as tout le système moisi de contrôle via les DRM, de culpabilisation du public qui partage sur des réseaux illégaux (Bittorrent et cie), de grande loterie autour d’un star-system à la con. J’veux dire, qui y gagne, à tout ce bazar ? C’est ni l’auteur, ni le public. Alors autant essayer autre chose, non ?

J’écris sous Creative Commons By Sa, c’est-à-dire que je fais du libre (CC By) tout en m’assurant que ça ne puisse pas être récupéré par les vautours de l’industrie culturelle (Sa).

* Où peut-on trouver tes histoires hors Wattpad/Scribay ?

Sur mon blog, pardi ! Je comprends l’intérêt des plate-formes toutes faites et des rézozozios pour le côté simple, accessible aux novices, mais bon : au bout d’un moment, si tu veux avoir les mains libres et ne plus dépendre du bon vouloir des actionnaires de telle ou telle plate-forme ou des CGU de 10 pieds de long qui t’entubent en long, en large et en travers… bah tu fais ton site. Alors je sais, tout le monde n’a pas les connaissances pour le faire et il faudrait que ce soit plus facile de passer le cap, mais y’a des gens qui y travaillent (coucou Framasoft).

Sinon pour les versions papier, faut passer par Lulu, tout simplement (mon recueil de nouvelles, on peut aussi le trouver sur Amazon, mais je touche moins d’argent dessus et il paraît même que la qualité d’impression est moins bonne, alors préférez Lulu).

* Donnes-tu l’opportunité à tes lecteurs de te soutenir (financièrement ou autre) ? Si oui, quels systèmes utilises-tu ?

Yep, je suis sur Tipeee et sinon y’a aussi juste mon compte PayPal pour faire des dons ponctuels. Mais honnêtement, je songe à virer tout ça. C’est un peu par principe que je les laisse, pour le côté « oui, c’est libre et gratuit, mais vous pouvez me soutenir si vous le voulez/pouvez, etc. ». Mais bon, j’ai un boulot stable et bien payé à côté, alors ça me fait toujours un peu bizarre de me dire qu’il y a des smicards, des précaires qui me filent 2€ par mois alors qu’ils en ont bien plus besoin que moi. Bref, le pognon, c’est toujours un sujet compliqué et j’me pose pas mal de questions.

* Hormis l’écriture de fictions, crées-tu d’autres œuvres artistiques sous licence libre ? (vidéo, jeu de rôles, peinture, dessin, etc.)

Un peu mon n’veu ! Bah déjà, les BD, j’en ai déjà parlé (5 tomes d’une série d’aventures geek, GKND, et 2 tomes compilés à partir de mon blog, Grise Bouille). Après, je fais un peu d’aquarelle, pi je compose et chante (enfin je gueule) des chansons de rock en français (j’aimerais avoir plus de temps pour ça, mais pour le moment je n’en ai publié que très peu malheureusement). Y’a guère que la vidéo à laquelle je ne m’attaque pas trop, parce qu’il faut être beaucoup et que j’aime bien être tout seul (et puis j’ai pas un emploi du temps extensible non plus, malheureusement).

* Quels sont tes auteurs préférés, qui t’inspirent ?

J’en ai déjà un peu parlé, mon auteur préféré, c’est Isaac Asimov : je trouve qu’il arrive à inventer des univers très très loin (dans le futur voire dans l’espace-temps) tout en leur donnant une crédibilité et en y intégrant de bons personnages auxquels on peut malgré tout s’identifier. Et le tout dans un style pas du tout ampoulé, très agréable à lire. Mention spéciale au cycle de Fondation qui est un truc fabuleux, ne serait-ce que pour le vertige que ça te donne quand t’arrives à la fin…

Après, j’aime aussi énormément Philip K Dick, qui est un peu à l’autre bout du spectre de la SF, avec des trucs complètement bizarres/barrés qui frôlent parfois le fantastique, avec des réalités jamais bien définies, des faux-semblants partout… et puis ses personnages qui sont systématiquement des types normaux, simples, souvent des loosers, c’est rafraîchissant : loin des habituel personnages principaux systématiquement soldats, héros, chevaliers, etc.

* Que conseillerais-tu à un jeune auteur qui hésite à déposer ses histoires sous licence libre ?

J’vais être direct : fais le deuil de tes rêves de gloire et de richesse. Être auteur, ça paie pas et pour la reconnaissance, dis toi que si tu as plusieurs dizaines de lecteurs, ce sera déjà génial. Le show-business est une loterie, si c’est ça qui t’intéresse, va jouer au Loto, tu perdras moins ton temps. Mais en tout cas, n’emmerde pas tes lecteurs en foutant un péage pour accéder à tes œuvres : si vraiment tu es un génie (et chanceux) et que tu écris le prochain Petit Prince, ce ne sont pas les licences libres qui vont t’empêcher d’en tirer partie (financièrement ou autrement).

Et pour le reste (parce que « libre », ça n’est pas seulement la liberté de partager gratuitement) : la licence libre est le meilleur moyen de générer de l’intérêt autour de ton œuvre (en permettant aux lecteurs de se l’approprier pour en faire autre chose). Alors go !

* Voudrais-tu rajouter quelque chose, concernant ton art, ta vision de la culture, qui n’a pas été traité dans les questions précédentes ?

Mmh, que dire de plus ? Quand je parle de licence libre, de culture, etc., c’est un zoom sur une toute petite partie du problème : mais si tu regardes les choses globalement, c’est lié aux problématiques posées par le capitalisme en général, l’organisation sociétale du travail, de la rémunération, etc. La précarité organisée des auteurs, ça rejoint les problématiques de l’ouvrier dont on délocalise l’emploi (et donc le salaire, bah tiens).

La culture libre, ça essaie aussi de trouver des solutions des problèmes de démocratie posées par la culture non-libre, avec des conglomérats comme Disney, Warner et cie qui ont un contrôle absolu sur ce qui fait une grande partie de la culture populaire. En fait c’est un fabuleux moyen de contrôle social, mais encore une fois, ce qui s’applique à l’art s’applique au reste : plus une entreprise est grosse, plus elle a de pouvoir, et plus les citoyens devraient avoir leur mot à dire sur ce qu’elle fait… mais on en est loin.

On pourrait aussi causer de salaire à vie, de gestion collective des moyens de productions, voire même d’anarchie et tout le bazar, mais ça prendrait 3 heures alors je vais m’arrêter là.

Vous pouvez retrouvez Gee sur les réseaux suivants :

Page perso : https://ptilouk.net
Blog : https://grisebouille.net/
Wattpad : https://www.wattpad.com/user/ptilouk
Lulu : https://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=simon+giraudot&type=

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02 Jun 2017

Cinq Dollars!

Les rayons ardents du soleil viennent frapper ma peau et me sortent de ma torpeur. Je sens, sous moi, ces grains de sable. Je n’aime pas le sable. Il se colle et s’insinue partout, grippe les machines, bloque les mécanismes. Oui, le sable est l’ennemi ultime de nos belles machines industrielles. J’essaie d’ouvrir les yeux, et une douleur lancinante, lourde émane de mon crâne. Et ma gorge est sèche. J’ai beau tenter, impossible de faire venir la moindre goutte de salive pour l’humidifier. J’ai soif, comme jamais. Je ne savais pas que ressentir une telle sensation était possible. J’ai l’impression d’avoir avalé un kilo de sel et qu’il a absorbé la moindre goutte d’eau de mon être.

J’essaie de me relever. Impossible de me tenir sur mon bras gauche, une douleur fulgurante s’en élance alors que j’essaie de m’appuyer dessus. Je regarde mon bras. Ma veste est déchirée, je vois du sang séché à la hauteur de mon coude.

J’arrive finalement à me relever et je regarde autour de moi. J’aperçois à une cinquantaine de mètres la carcasse encore fumante d’un 4X4. Des débris sont éparpillés autour du sol. Pas d’autres personnes, si ce n’est le conducteur du véhicule qui ressemble à un méchoui carbonisé, encore attaché à son siège. Pour le reste, il n’y a rien. Pas âme qui vive, pas le moindre bruit. Il n’y a que moi et ces foutus grains de sable, à perte de vue.

Je savais bien que je n’aurais jamais dû accepter ce rallye dans le Sahara. Mais les relations publiques m’ont dit que pour signer ce contrat avec le gouvernement sénégalais, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter. Ils se seraient vexés en cas de refus et ce contrat juteux nous serait passé sous le nez.

Je fouille mes poches. Vides. Plus de smartphone, plus de portefeuille. Impossible d’appeler qui que ce soit, et quand bien même, aurais-je eu du réseau ? Que faire maintenant ? Rester ici, tenter de trouver un abri, alors qu’il n’y a pas la moindre trace d’ombre à perte de vue ? Si je ne trouve pas rapidement de l’eau, je ne donne pas cher de mon petit être.

J’essaie de me repérer avec les traces laissées par le passage de mon véhicule. À peine quelques marques. Le vent du désert est déjà à l’œuvre, masquant toutes nos frêles empreintes. Ici, seuls comptent le silence, la désolation et la solitude. J’ai à peine marché quelques minutes que je m’écroule. Les forces me manquent. Vais-je mourir ici, éloigné de toute forme de vie ? Moi, Peter, éminent homme d’affaires, riche à millions, vais-je crever comme une petite merde ? Comme les gens que je méprise du soir au matin ? C’est donc ces sensations que le commun des mortels ressent lorsqu’ils atteignent le summum de l’agonie ?

De rage, de colère et de désespoir, je sens mes glandes lacrymales qui tentent de remplir leur tâche. Mais aucune larme ne vient. Je suis aussi sec qu’un saucisson qui a séché durant des semaines à l’air libre. Mes dernières forces me quittent, je n’arrive plus à tenir mes paupières ouvertes.

Je sens une pression sur l’épaule. Et une voix. J’ouvre péniblement les yeux. Un gars est penché au-dessus de moi. Le genre bouseux, avec des dents en moins et habillé de fringues que même l’armée du salut n’en voudrait pas.

-Monsieur, ça va ? Tu sais te lever ? Viens, je vais te sortir de là !

Je n’arrive à sortir que deux mots : « à boire ! »

— Ha ça, monsieur, ça fera cinq dollars !, me dit-il d’un air plus que sérieux.

Quoi ? Ce type veut m’aider, mais pour me filer à boire, il me demande du fric ?

— S’il.Vous.Plait. De l’eau.

— Désolé monsieur, ça je ne peux pas te donner. Je veux bien t’aider, te conduire au village. Ça, c’est gratuit. Mais pas de cash, pas d’Aquala.

Si Dieu existe, il doit être un sacré petit plaisantin. Aquala. Une de nos marques d’eau les plus vendues en Afrique. Je n’arrive pas à sortir d’autre mots. Chaque syllabe prononcée me provoque une douleur incommensurable. Dire qu’autour d’une table, pendant une négociation, je peux retourner un type dans son genre comme une crêpe et en obtenir ce que je veux. Et ici, je n’arrive même pas à obtenir la moindre goutte d’eau.

Il m’aide à me relever et me conduit jusqu’à son véhicule, qui ressemble plus à une épave qu’autre chose. La carrosserie tient à peine debout, des traces de rouille sont visibles sur tout le pourtour. Les sièges d’origines ont été remplacés par des planches de bois mal taillées.

Pendant tout le trajet, il me parle de tout, de rien. Il me demande comment j’ai atterri là. Je ne sais que hocher de la tête. Je préfère garder mes forces. Au bout d’une petite demi-heure, nous arrivons dans un petit village. Il m’aide à me sortir de sa boîte à quatre roues, et je lui fais un sourire de remerciement. Je balaie du regard mon nouvel environnement, et je m’aperçois que la délivrance est à portée de mes doigts : il y a un puits qui n’attend que moi !

Ragaillardi par cette vision, je me rapproche tant bien que mal que vers ce trou salvateur. Mais, alors que je m’apprête à remonter de l’eau à l’aide d’un sceau, une voix m’arrête.

« Pour puiser de l’eau, c’est cinq dollars ! »

Je m’arrête. Je puise dans mes dernières forces pour tenter de convaincre cette personne, tout aussi mal fagotée que mon sauveur.

« Écoutez, j’ai eu un accident dans le désert. Je ne sais combien de temps ça fait que je n’ai plus bu. Je suis riche, très riche. Une fois que l’on viendra me rechercher, je vous les donnerai vos cinq dollars. Multiplié par dix-milles, même ! »

Mon interlocuteur hoche la tête négativement.

« Je peux vous prêter mon téléphone pour que vous puissiez appeler vos amis. Mais, pour l’eau, non. Pas de cash, pas d’Aquala. »

Je ne peux contenir ma colère. Ces gens sont prêts à tout pour m’aider, mais ils ne sont même pas foutus de me filer à boire ! La personne, voyant mon désarroi, m’explique la situation.

« Ecoutez, ce n’est pas de notre faute. C’est une nouvelle loi qui vient d’être promulguée. Pour faire plaisir au dirigeant d’une grande compagnie, le gouvernement a décrété que l’accès à l’eau n’est plus un droit. Toutes les sources et points d’eau sont donc privatisés et leur accès monnayé. Je voudrais bien vous aider, mais je ne peux vraiment pas. C’est la prison si je n’obéis pas. »

Je n’en crois pas mes oreilles. Je fournis des bouteilles d’eau au monde entier et je ne peux en boire la moindre goutte. Après avoir contacté Charlie, mon bras-droit, je vais m’installer contre un arbre. Je sais qu’il n’arrivera pas à temps pour me sauver. Je sens la vie me quitter doucement. Je n’arrive pas à le concevoir : mes déclarations se sont retournées contre moi. Je suis Peter Brabaicq, président de Nestlaid, la plus grosse compagnie de l’agro-alimentaire, et ardent défenseur de la privatisation à l’accès à l’eau potable. Et, ironie du sort, je vais mourir de soif.

 

Cette histoire courte vit grâce à vous. N’hésitez pas à me soutenir, via un Prix Libre, selon votre choix et de le partager autour de vous.

Photo de Neil et Kathy Carey  sous licence CC BY-SA

18 May 2017

Putain de journées

Hier, c’était la journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, et ce n’est pas par hasard fortuit que je suis tombé sur l’histoire « Vous payez ensemble ou séparément » des deux autrices cestdoncvrai. Deux très belles autrices qui ont une démarche que j’adore et qui sont de très belles personnes. Dans cette œuvre, elles partagent leur quotidien, leurs réflexions, leurs peurs face au monde qui les entoure. Ce livre est magnifique. Écrit simplement, sans le moindre chichi, il ne m’a pas laissé pas indifférent.

Mais je dois dire qu’une réflexion m’est venue dans mon lit et m’a mis sérieusement en colère. Et bien sûr, cela m’a empêché de dormir une bonne partie de la nuit. Comment se fait-il, qu’en 2017, on doive encore créer de telles journées, pour rappeler les droits de telles ou telles personnes ? Pas seulement pour les personnes LGBT, mais aussi les droits des femmes, des enfants, des journées contre l’islamophobie,etc ? Comment se fait-il, que malgré les erreurs du passé, des gars tellement haineux semblent les oublier et re-commettent ces mêmes atrocités ? Il suffit de ne pas regarder bien loin, en Tchétchénie, où l’on enferme ces personnes dans des camps dignes du régime nazi, le tout sous l’œil approbateur du copain Poutine. Qui, bien sûr, fête dans la plus totale hypocrisie la fin de la seconde guerre mondiale, à coups de « plus jamais ça » dans ses discours. Qui vient de passer une loi autorisant un homme à passer sa compagne à tabac. Mais what, certains humains valent-ils plus que les autres ?

Comment se fait-il, qu’en 2017, on doive encore rappeler que les femmes ont des droits par une journée ? Parce que oui, n’en déplaisent aux grands donneurs de leçon qui se noient dans l’ignorance la plus totale, c’est bien la journée des droits des femmes, que l’on célèbre. Fête reprise par les plus abjectes fanas du marketing sans le moindre scrupule pour transformer cette journée en une opération lucrative pour leur business. Et qui ne se gêneront pas, dans quelques années, pour remettre le couvert pour la journée des droits LGBT, des musulmans, et j’en passe.

En fait, ce genre de situation me met en colère. Non pas envers ces personnes, mais comment on les traite. Comme si une étiquette ne les rendait pas plus humaines. Que les femmes soient en premier lieu considérées comme des objets. Pourtant, pour moi, ce ne sont que des facettes de leur personne ou de leur personnalité. Ce sont des concitoyen(nes), des ami(es), avant tout. Je ne définis pas une personne par ce qu’elle ressent au plus profond d’elle-même ou les choix qu’elles fait. Ce n’est qu’une partie d’elle. Et cette personne a beaucoup à m’apprendre.

Comment, en 2017, peut-on se permettre de juger ses personnes par leurs aspirations ou leur mode de vie ? Le tout, sans bien sûr le vivre ? N’est-il pas plus sage, lorsqu’on ne vit pas la situation, de se taire, d’écouter et apprendre plutôt que de donner des leçons ? Ce sont des choses que je n’arrive pas à comprendre. Je n’arrive pas à assimiler que des personnes qui se disent profondément chrétiennes déboulent dans les rues pour la manif pour tous, appellent à voter pour un parti de fachos, alors que leur religion appelle à l’amour de l’autre et à la tolérance ? Est-ce que j’ai loupé quelque chose ? Est-ce que c’est moi qui ne tourne pas rond ou ce monde manque réellement d’empathie, d’amour et de compréhension ?

Avant de vous laisser vaquer à vos occupations, je voulais juste encore vous partager quelque chose. Il s’agit d’un petit schéma, créé par cestdoncvrai. Elle résume assez bien ma pensée.

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Image de Willian Soares sous licence CC BY. Schéma de cestdoncvrai sous licence CC0

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